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samedi 2 octobre 2010

"Je suis inquiète pour Véronique Courjault"

Le JDD a fait réagir des psys au livre de Jean-Louis Courjault, le père des "bébés congelés". La psychanalyste Sophie Marinopoulos est perplexe.




Je ne pouvais pas l’abandonner." Un an après la condamnation de sa femme à huit ans de prison pour trois infanticides et quatre mois après sa mise en liberté conditionnelle, Jean-Louis Courjault publie un livre (*) sur "l’affaire des bébés congelés". "J’ai peur de ce qui est en train de se jouer", confie la psychanalyste Sophie Marinopoulos, éminente spécialiste du déni de grossesse, citée par la défense lors du procès de Véronique Courjault. "Je m’interroge sur ce besoin narcissique de reconnaissance au détriment de Madame qui ne peut pas parler aujourd’hui [Véronique Courjault étant sous le coup d’une interdiction judiciaire de s’exprimer sur l’affaire]. Il se montre beaucoup, parle beaucoup; elle reste dans l’ombre et le silence. Je suis très inquiète pour elle", confie cette experte.


Selon la psychanalyste Sophie Cadalen, spécialiste du couple, le titre du livre révèle déjà combien Jean-Louis Courjault a "besoin d’exister comme superhomme et combien il est fragile". C’est bien ce qui dérange à la lecture : l’auteur se pose en "homme formidable", constate la psychanalyste. "La revendication est très forte, note-t-elle. C’est vraiment une réhabilitation du “moi”. Il veut être entendu, reconnu, compris, aimé." De fait, Jean-Louis Courjault se présente sous un jour favorable: un homme sympa, passionné de moto, apprécié dans son travail et pétri d’amis, qui s’occupe bien de sa femme.


"Se raconter est toujours un exercice un peu suspect qui révèle des failles inavouées, relève Sophie Cadalen. Evidemment, Jean-Louis Courjault en a pris plein la gueule, son image et son ego en ont pris un coup. Mais, selon moi, il en fait trop." Il livre notamment de nombreux détails sur son couple, commente ainsi longuement une déclaration de Véronique Courjault en garde à vue dans laquelle celle-ci déplorait son manque de plaisir en faisant l’amour. "Avait-elle joué la comédie pendant près de vingt ans? Lorsque j’ai abordé le sujet au parloir, elle m’a expliqué s’être mal exprimée: elle voulait parler en réalité de ses propres difficultés à atteindre l’orgasme… Ce n’est pas tout à fait pareil", écrit Jean-Louis Courjault, qui pourtant déplore aussi le "déballage intime" lors du procès.


"En matière de remise en question tout reste à faire"
Lui qui se plaint aussi d’être reconnu dans la rue – "J’ai surmonté ce désagrément mais il m’agace toujours" – tout en posant en couverture de son livre, n’est pas à un paradoxe près. Sophie Cadalen devine "une soif d’existence". "Dans ce drame, il n’est nulle part. Cela s’est passé à côté de lui et il n’a rien vu. Il n’a pas existé en tant que père ni en tant que compagnon d’une souffrance. Il a été anéanti. Ce bouquin est le pendant de cet anéantissement. Il a besoin d’avoir une place dans une histoire qui le dépasse complètement."


Ce livre, Jean-Louis Courjault dit l’avoir écrit pour quatre raisons: "éclairer les gens", "dépeindre la détresse", "apporter un peu de réconfort aux victimes", "pour dire comment j’ai fait, plutôt que de m’écrouler". Au risque d’écraser un peu plus encore sa femme, se demandent les psys. L’auteur se souvient de s’être interrogé sur "ce qui n’allait pas chez elle" sans pour autant se dire "je vais me tirer parce qu’elle ne tourne pas rond". Il aurait donc fait "le choix de comprendre"; c’est d’ailleurs le sous-titre du livre. Comprendre quoi? "En matière de remise en question tout reste à faire", analyse Sophie Cadalen. "Le danger est qu’il s’installe dans la position du héros qui sauve par son amour, reprend Cadalen. Pourtant, c’est une histoire à deux. Comme dans les questions d’adultère, il est plus intéressant de savoir comment on en est arrivé là ensemble que de considérer que l’un a déconné, et que l’autre, dans sa grande mansuétude, lui pardonne."


C’est la véritable question du livre, à l’insu de son auteur : quel est le rôle du père dans le déni de grossesse? Pour le professeur Israël Nisand, gynécologue obstétricien, "c’est simple d’incriminer systématiquement les femmes, mais ce ne sont pas toujours les bonnes personnes qui se retrouvent dans le box des accusés". De son point de vue, l’homme a toujours "une vraie responsabilité" dans le déni de sa compagne. "Dans les situations gravissimes de déni complet, lorsque nous interrogeons les femmes sur leur compagnon, nous en avons à chaque fois la confirmation, précise Nisand; avec, souvent, une sexualité catastrophique à la clé, une maltraitance morale, voire physique." Si la responsabilité pénale est individuelle, la psychanalyse interroge les couples néonaticides. "D’un point de vue psychique, il y a bien entendu une dynamique de couple, conclut Sophie Marinopoulos: on fabrique ensemble du bonheur et du drame."


(*) Je ne pouvais pas l’abandonner , le choix de comprendre, Michel Lafon.

http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Je-suis-inquiete-pour-Veronique-Courjault-222824

mercredi 29 septembre 2010

Jean-Louis Courjault, ses mots pour le dire

Un matin de novembre 2006, une jolie métisse sonne à la porte des Courjault, en Indre-et-Loire. Elle est représentante d'une marque de surgelés. Une mauvaise blague ? Même pas. Après avoir réalisé que la jeune femme ignore chez qui elle se trouve, Jean-Louis Courjault, le père des "bébés congelés", signe un contrat avec l'entreprise qui livre à domicile. Cette anecdote est racontée dans le livre qu'il publie jeudi : Je ne pouvais pas l'abandonner.
Car cette histoire aux relents d'humour noir va faire office de déclic sur le mari de Véronique Courjault, condamnée en 2009 à 8 ans de prison pour trois infanticides. Ce matin de novembre 2006, il comprend qu'il doit "continuer à vivre malgré les circonstances". Pour sa famille, et notamment les deux garçons du couple, jeunes ados. Les circonstances, tout le monde, les connaît. De la découverte, à l'été 2006, de deux cadavres de nouveau-nés dans le congélateur de l'appartement familial à Séoul, à la libération anticipée de sa femme en mai dernier, l'"histoire des bébés congelés" défraye la chronique. Et de mettre en lumière un phénomène jusqu'alors peu connu du grand public : le déni de grossesse.


"Véro me rend heureux malgré ce tsunami de malheur"


Mis hors de cause après avoir été mis en examen pour "complicité d'assassinat", Jean-Louis Courjault s'interroge longuement sur sa propre responsabilité. Et pendant longtemps. Il le fait de nouveau à travers ses pages, plongée dans le cauchemar que sa famille a subi. Dans ce livre-confession, cet ingénieur de 43 ans raconte sa version de l'affaire ; le lecteur, lui, pénètre dans les coulisses d'un fait-divers. Ce livre, il l'a écrit pour "éclairer" le public, "dépeindre la détresse" d'un mari désemparé, apporter du réconfort aux victimes du déni de grossesse, "dire comment j'ai fait, plutôt que m'écrouler".


Deux choses frappent. Il y a d'abord cet amour déclaré et répété maintes fois à celle qu'il appelle "Véro". Cette femme présentée dans la presse comme un monstre, une infanticide en série et dont il partage la vie depuis près de 20 ans ; "Véro" cette "jolie brune aux yeux clairs", "généreuse, accueillante, toujours partante", "Véro" qui rit de blagues idiotes mais qui regarde pour la vingtième fois Autant en emporte le vent en pleurant comme une Madeleine ; "Véro" qui le "rend heureux malgré ce tsunami de malheur" ; "Véro" qu'il a choisi de soutenir sans jamais ni la condamner, ni envisager de la quitter, malgré le mensonge.


Quel est donc ce benêt ahuri ?


Je ne pouvais pas l'abandonner sonne aussi comme la quête de rédemption d'un homme au mauvais rôle. Père des bébés congelés, mari de la mère infanticide, l'image est lourde à porter. "Quel est donc ce benêt qui n'a même pas été fichu de deviner quoi que ce soit ?", se demande le citoyen lors de la découverte du drame. Jean-Louis Courjault le reconnaît, il aurait sans doute pensé la même chose. Il a fait ce choix de comprendre. Comprendre plutôt que condamner. Reconstruire plutôt que détruire. A tout prix. Véronique Courjault tenue au silence par la justice, était réticente à l'idée d'un livre.


Dans ses pages Jean-Louis Courjault dit être agacé d'être dévisagé dans la rue tandis que son épouse aux cheveux coupés courts, passe neuf fois sur dix, inaperçue. Paradoxalement, il est cette semaine dans toute la presse, posant en couverture de son livre. Certains experts parlent d'un "besoin narcissique" de reconnaissance. C'est le cas de Sophie Marinopoulos, spécialiste du déni de grossesse interviewée dans le Journal du Dimanche. "Je m'interroge sur ce besoin narcissique de reconnaissance au détriment de Madame (...). Il se montre beaucoup, parle beaucoup ; elle reste dans l'ombre et le silence". A cette psychanalyste perplexe, Jean-Louis Courjault répond dans Libération un "Après ce livre, je trace la route, on tourne la page".
http://lci.tf1.fr/france/societe/2010-09/jean-louis-courjault-ses-mots-pour-le-dire-6081419.html

Pauvreté: Françoise élève sa fille avec 690 euros par mois

Cette mère de famille vit sous le seul de pauvreté...
A 53 ans, Françoise fait partie de ces quelque 7 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté. Célibataire et au chômage, elle élève seule sa fille de 13ans dans un trois-pièces parisien.


«Au début, je ne voulais même pas aller voir les services sociaux, j'avais trop honte», explique-t-elle. Selon l'Insee, les familles monoparentales, souvent constituées d'une mère et de ses enfants, ont deux fois plus de chances de tomber dans la précarité.


Pour Françoise, tout est allé très vite. Depuis 2008, elle n'a plus droit aux allocations chômage et touche tout juste 690€ de revenu de solidarité active (RSA) par mois, qu'elle complète avec des petits boulots.


Dix euros pour manger


Françoise a pourtant été intermittente du spectacle pendant vingt ans. «J'étais intégré socialement, j'avais un certain train de vie. C'est très difficile de se retrouver sans rien.»


Depuis quelques années, elle enchaîne les jobs et les formations de Pôle emploi, mais rien n'y fait. «A 53 ans, je ne corresponds jamais à rien.» Le père de sa fille, une «aventure de passage», a disparu depuis longtemps et ne l'a jamais aidée.


Pour manger, Françoise n'a parfois que 10 € par jour. « Je vais dans les supermarchés low-cost, je cuisine beaucoup, explique-t-elle. Ma fille souffre du regard des autres. Je fais les brocantes et les marchés pour lui trouver des vêtements. L'an dernier, je lui ai fait soigner les dents. Ça a été très difficile de trouver un orthodontiste qui accepte la CMU. »


Aujourd'hui, Françoise garde des enfants le mercredi et fait des animations commerciales deux fois par semaine. « Je garde espoir, lance-t-elle. Je n'aurai jamais de retraite, mais je me battrai jusqu'au bout. »
http://www.20minutes.fr/article/602738/societe-francoise-eleve-fille-690-euro-mois

samedi 10 juillet 2010

Six mois après le séisme, la reconstruction d'Haïti tarde toujours

Six mois après le séisme qui a ravagé leur pays, faisant plus de 250.000 morts et 1,5 million de sinistrés, les Haïtiens s'impatientent de voir les milliards de dollars promis par la communauté internationale se traduire en projets concrets.

"On ne voit pas beaucoup de perspectives, on ne voit pas les moyens de la reconstruction. Est-ce que l'argent promis par la communauté internationale va arriver? Est-ce qu'il arrivera jamais?", s'interroge Madame Franck Paul, ancienne maire de Port-au-Prince.

Dans les rues de cette ville ou sous les tentes, l'impatience est grandissante face à la lenteur de la reconstruction, notamment pour les centaines de milliers de personnes qui vivent toujours dans des abris provisoires.

"Quand on nous a demandé de venir dans ce camp, on nous avait promis des maisons... où sont-elles?", se demande Jean-Auguste Petit-Frère tout en désignant un modèle d'habitation érigé par une firme jamaïcaine évalué à 15.000 dollars l'unité.

"Je ne peux plus continuer à vivre sous une tente où il faut chaud le jour comme la nuit. Qui va me payer cette maison, à qui dois-je m'adresser?", renchérit Maxène Gabriel, dont l'habitation gravement endommagée lors du séisme est jugée inhabitable par les autorités.

Selon l'ONU, près de 4.000 maisons de 18 mètres carrés ont été construites dans le cadre d'un premier projet qui en prévoit 10.000.

La Croix-Rouge française qui promet de bâtir 30.000 maisons transitionnelles en collaboration avec la Croix-Rouge américaine vient de lancer les travaux pour 500 habitations dans un village à l'est de la capitale.

"Cela prendra du temps pour reloger les 1,5 million de sans-abri disséminés à travers un millier de camps. L'Etat doit trouver des terrains pour 90% des sinistrés qui étaient des locataires", explique un fonctionnaire de l'ONU.

"J'ai l'impression que la communauté internationale nous mène en bateau. Après les nombreuses promesses, rien n'a été fait", lâche de son côté le romancier Gary Victor, qui se dit perplexe et surtout désolé de voir que le gouvernement haïtien n'a rien proposé de concret.

"On ne peut rien attendre de l'élite politique d'Haïti pour qui le mot +reconstruction+ ne veut rien dire", ajoute le jeune écrivain.

Les Haïtiens ne semblent pas attendre beaucoup de leurs dirigeants jugés dépassés par l'ampleur de la catastrophe qui a ravagé le 12 janvier ce pays des Caraïbes.

"Le président et le gouvernement sont absents: la gestion des affaires est confiée aux étrangers et aux organisations non gouvernementales", juge un chauffeur public coincé dans un des bouchons caractéristiques de la situation à Port-au-Prince où des tonnes de débris de maisons détruites jonchent encore les rues.

Le président René Préval a promis récemment d'aborder prochainement les problèmes de la reconstruction, de la lenteur des actions et du manque de leadership qu'il se voit reprocher.

"Je vous promets des documents sur la reconstruction dont les manettes sont confiées au Premier ministre Jean-Max Bellerive et à l'ancien président (américain) Bill Clinton", a-t-il déclaré à des journalistes.

Trois mois après une conférence internationale qui s'est déroulée à New York et au cours de laquelle la communauté internationale a promis plus de 10 milliards de dollars sur 5 ans à Haïti, très peu d'argent est parvenu à Haïti.

"C'est le travail que fera l'envoyé spécial de Ban Ki-moon, Bill Clinton: convaincre les bailleurs de verser les fonds promis", a rappelé Nigel Fischer coordonnateur humanitaire de l'ONU en Haïti.
http://www.lepoint.fr/monde/six-mois-apres-le-seisme-la-reconstruction-d-haiti-tarde-toujours-10-07-2010-1213228_24.php

samedi 26 juin 2010

Pierre, 70 ans, sauvé du coma par son chien

Les joues creusées, il a perdu plus de 20 kg. Pierre, 70 ans, a toujours du mal à réaliser ce qui lui est arrivé. Il a été retrouvé chez lui le 26 mai, inanimé, après six jours de coma. Son sauveur? Sheldon, son boxer de 3 ans, qui, en attirant l’attention des voisins, leur a permis de déclencher les secours.
Après un mois d’hôpital, il a retrouvé cette semaine sa maison et son quartier, où l’association de défense du village de Coeuilly voudrait relancer la solidarité. « Je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé ce jour-là, raconte Pierre. Je n’ai jamais été malade auparavant, alors c’est difficile de comprendre pourquoi je suis tombé dans le coma. »
Ce mercredi-là, en fin de matinée, Sheldon, qui habituellement suit son maître partout, est seul dans le jardin. Curieusement, il est en train de s’acharner sur les poubelles et semble y chercher à manger.
Son manège est intrigant pour les voisins, qui, en regardant vers la maison, se rendent compte que les volets de Pierre sont fermés malgré l’heure avancée de la matinée. « Ils se sont alors rendu compte que cela faisait plusieurs jours qu’ils n’avaient pas aperçu Pierre, précise Jacques Reinhardt, de l’association de défense du village de Coeuilly. Et ils ont appelé les secours. » En arrivant sur place, pompiers et policiers le découvrent inanimé dans la cuisine. « Ils m’ont prodigué les premiers soins et je me suis retrouvé assis sur une chaise, dehors, devant la porte d’entrée. J’avais repris conscience mais je n’avais aucune explication. La seule chose, c’est que j’avais une barbe fournie. Cela m’a laissé penser que j’étais resté longtemps inconscient. » Les examens pratiqués en urgence à l’hôpital révèlent que, gravement déshydraté, Pierre serait resté, d’après les médecins, six jours dans le coma. Quelques heures de plus auraient été fatales au retraité. « J’ai l’impression que mon chien est resté tout ce temps à mes côtés, confie Pierre, le regard soudain plus lumineux à l’évocation de son compagnon. Je pense que ce mercredi-là, il a eu trop faim. Il a réussi à ouvrir la porte pour aller fouiller dans les poubelles. »
Au retour de Pierre, l’association a pris contact avec la mairie. « C’est curieux que le centre communal d’action sociale ne l’ait pas eu dans son fichier alors qu’il est particulièrement isolé. Après l’avoir contacté, ils ont organisé le portage des repas à domicile. Mais il faudrait aller plus loin, or, il n’a eu aucun appel de la mairie. » Une mairie qui a depuis peu pris le dossier en main.
« Ce monsieur n’avait jamais fait appel à nous auparavant, atteste le cabinet du maire. Quand nous avons été informés, le portage des repas a été enclenché immédiatement. Depuis, nos assistantes sociales ont tenté de le joindre à son domicile mais n’y sont pas parvenues. Elles doivent réessayer la semaine prochaine pour faire le point avec lui sur ce dont il a besoin. »
Aujourd’hui, Pierre se remet doucement. Il attend avec impatience le retour de Sheldon, confié à une famille d’accueil pendant son absence
http://www.leparisien.fr/champigny-sur-marne-94500/pierre-70-ans-sauve-du-coma-par-son-chien-26-06-2010-978147.php

mardi 15 juin 2010

"L'homme qui va mourir n'est pas celui qui a commis le meurtre"

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Arrêté en 1978 alors qu'il avait 27 ans pour le meurtre d'un policier, David Powell a passé près de 32 ans dans le couloir de la mort au Texas. Aujourd'hui, à 59 ans, il attend d'être exécuté ce mardi. Il deviendra ainsi le 28e homme exécuté aux Etats-Unis en 2010 et le 460e au Texas depuis 30 ans. Mais en trois décennies, "les gens changent". C'est l'argument avancé par un rapport d'Amnesty international appelant à la commutation de sa peine en prison à vie, qui le décrit désormais comme "un prisonnier modèle et un être humain d'exception". Le document cite de nombreux témoignages de gardiens, d'autres condamnés et d'un psychothérapeute confirmant que l'homme qui doit mourir ce mardi est devenu un pilier moral du couloir de la mort texan.

David Powell a été condamné à mort par trois fois par un tribunal texan. Le verdict de son premier procès en 1978 a été cassé par la Cour suprême parce que l'expertise psychiatrique menée par l'accusation visait à définir sa future dangerosité sans que l'accusé le sache et qu'il puisse se faire assister d'un avocat. Mais en 1991, il a été à nouveau condamné à mort. A nouveau la peine a été annulée, par la cour d'appel du Texas cette fois, pour une irrégularité dans les instructions données au jury avant que celui-ci ne parte délibérer. Au cours d'un troisième procès, en 1999, "l'accusation s'est appuyée pour l'essentiel sur le crime commis 20 ans plus tôt", pour prouver sa dangerosité pour la société, regrette Amnesty. La défense a de son côté rappelé aux jurés que David Powell était toxicomane à l'époque des faits et était "redevenu lui-même, une fois en prison".

"Un vieil homme qui a montré de vrais remords"

Au Texas, la possibilité de condamner un coupable qui risque la peine capitale à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle n'est apparue qu'en 2005. "Un juré du procès de 1999 a témoigné le 17 mai 2010 (...) que si cette peine avait été possible, plusieurs jurés n'auraient pas voté la mort", explique Amnesty. La Commission interaméricaine des droits de l'Homme a demandé pour sa part que David Powell ne soit pas exécuté mardi, faisant état d'irrégularités dans son procès.

L'association des policiers d'Austin, à laquelle appartenait la victime Ralph Ablanedo, a affrété des bus pour se rendre mardi à la prison de Huntsville où ont lieu les exécutions au Texas. "L'homme qui va être mis à mort pour le meurtre de Ralph Ablanedo n'est pas celui qui a commis le meurtre", a cependant assuré dans une lettre à l'avocat de David Powell un policier d'Austin, ajoutant que celui-ci était devenu "un vieil homme qui a montré ce que je pense être de vrais remords pour son crime
http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2010-06/l-homme-qui-va-mourir-n-est-pas-celui-qui-a-commis-le-meurtre-5882210.html

vendredi 11 juin 2010

Le combat de Kavidha brûlée par son mari

«En Inde, quand on se marie, c’est pour la vie. Moi, je voulais quitter mon mari, il était violent. » Kavidha Bala, 29 ans, est sortie de l’hôpital Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), le 28 mai. Brûlée à l’essence par son mari, Antoine Bala, en novembre dernier, Kavidha est une miraculée.
La scène s’est déroulée sous les yeux de leur fille de 8 ans, square Agrippa-d’Aubigné, dans le quartier de Beauval à Meaux. Kavidha a été gravement brûlée sur 70% du corps. Elle pense avoir subi « six ou sept opérations ». Sur le buffet du salon repose un masque transparent en plastique : « Je dois le porter tout le temps normalement. Pour ne pas que la peau s’étire. C’est difficile… » La jeune femme porte en permamence une combinaison de compression qui recouvre son corps des chevilles aux poignets. « Je suis sortie au bout de six mois. Les médecins ont dit que j’étais très courageuse. Je me suis mise debout au bout d’un mois. »


Les mains couvertes de greffes de peau comme le reste du corps


Le nez raccourci, les oreilles effacées, les mains couvertes de greffes de peau comme le reste du corps, Kavidha ingurgite des pillules antidouleur tous les jours*. L’index de sa main gauche a gardé un bandage. « Dans un an, je serai à nouveau opérée du visage, pour refaire mon nez. Mais j’aurai toute ma vie des taches partout… »

Sa belle-mère, en France depuis vingt ans, est venue vivre chez elle. Kavidha n’a d’autre famille que celle de son mari qui est l’un de ses cousins. Son beau-frère a toujours refusé de donner des nouvelles d’elle.

L’association Ni pute ni soumise, qui avait organisé une marche pour elle en décembre, craint qu’elle soit influencée pour minimiser la peine de prison d’Antoine. « Nous aiderons Kavidha et nous la soutiendrons », insiste Rachida Benhamed, la présidente du comité meldois, venue lui rendre visite avec quelques pâtisseries. L’adulte relais qui a sauvé la vie de Kavidha — il a étouffé le feu avec sa veste — est venu prendre de ses nouvelles dimanche.

Entendue par un juge d’instruction de Meaux lundi, Kavidha n’a pas encore d’avocat. Mariée depuis neuf ans à Antoine, elle raconte ces années de violence sur fond d’alcool. « Je voulais me séparer, mais il vivait toujours ici. Il partait, il revenait. Je suis très en colère contre lui. Je ne sais pas pourquoi il a fait ça. Il avait préparé une bouteille d’essence, me l’a jetée dessus et a allumé un briquet… » se souvient-elle.

« Ma belle-famille me soutient. J’avance grâce à ma fille, je me bats pour elle. Je suis défigurée pour toujours. Elle m’accepte comme je suis, alors je suis heureuse. Elle m’aime », assure-t-elle avec un joli sourire que les flammes ont épargné. « A l’école, tout le monde demande de mes nouvelles à ma fille, certains lui disent que je suis moche et elle pleure. Elle aimait beaucoup son père ; avec le temps elle l’oubliera, j’espère. »

Kavidha, qui ignore tout de ses droits, veut déménager pour retrouver un peu de sérénité. Elle a peur aussi du jour où son bourreau sortira de prison. La fillette est toujours placée en foyer et voit sa famille paternelle. « Elle viendra vivre avec moi à la fin du mois », assure la maman.

Sur le mur du salon, une photo jaunie de son mariage reste accrochée entre deux tableaux de broderie. « Je le retirerai quand ma belle-mère sera partie… » confie la jeune femme.
http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/le-combat-de-kavidha-brulee-par-son-mari-11-06-2010-959445.php