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dimanche 7 avril 2013

Cahuzac aurait tenté de placer 15 millions d'euros en Suisse

Pour la Radio Télévision Suisse, le montant du compte suisse de Jérôme Cahuzac, transféré ensuite à Singapour, serait de 15 millions d'euros et non de 600.000 euros.
L'argent déposé sur un compte suisse par Jérôme Cahuzac a-t-il été volontairement sous-estimé par l'intéressé ? Selon la Radio télévision suisse (RTS) qui cite des banques privées genevoises "qui veulent rester discrètes", le montant de 600.000 euros évoqué pour le compte suisse de l'ancien ministre français du Budget serait en fait 25 fois supérieur : 15 millions d'euros. Jérôme Cahuzac "aurait tenté de placer cet argent dans un établissement de gestion financière à Genève en 2009 mais l'établissement aurait refusé par crainte de complications ultérieures, Jérôme Cahuzac étant une personnalité exposée politiquement", écrit la RTS sur son site.
"La rédaction de la RTS a ses sources dans la banque privée genevoise, explique Darius Rochebin, journaliste à la RTS. Il faut bien voir à quelle période on remonte : 92 c'était l'ouverture du compte à l'UBS et puis en 2000, il y a ce moment où Jérôme Cahuzac trouve que c'est un petit peu dangereux, il va tenter de mettre l'argent ailleurs et à ce moment-là effectivement, nos sources, mais ça rejoint ce que disait Médiapart en décembre déjà, disent que Cahuzac a cherché dans la banque privée genevoise à déposer non pas 600.000 euros mais 15 millions d'euros", a indiqué l'intéressé ce dimanche sur i-Télé.
Entraide judiciaire
Avec l'acceptation en 2009 par la Suisse de se conformer à partir du 1er janvier 2010 aux régles de l'OCDE en matière d'évasion fiscale, Jérôme Cahuzac a cherché à escamoter ses avoirs et a pu clore son compte à la banque UBS avec l'aide de la société financière Reyl et Cie qui a placé l'argent dans la succursale de Singapour de la banque privée suisse Julius Baer. La somme concernée par cette opération est de 600.000 euros, comme l'a dit Jérôme Cahuzac et comme l'a laissé entendre à la presse le procureur genevois Yves Bertossa, en charge de l'enquête.
Le parquet de Genève, qui a saisi les documents bancaires concernant ce compte chez UBS et chez Reyl, a précisé ne pas avoir étudié le détail des mouvements de ce compte, tâche qui reviendra au parquet de Paris à l'origine de la demande d'entraide judiciaire. Il n'y a pas eu de perquisition chez Julius Baer. Le parquet de Genève n'a pas exclu de recevoir des demandes complémentaires de Paris.
600.000 euros, une somme trop modeste
Selon la RTS, "des sommes plus importantes auraient été déposées ou transférées par Genève dans les années précédentes" à 2009. Des sources spécialisées, contactées par l'AFP, n'excluent pas aussi l'existence d'un autre compte et s'étonnent de la relative modicité de la somme transférée sur Singapour compte tenu des frais facturés pour de telles opérations. Pour Darius Rochebin, le ticket d'entrée pour organiser de tels montages financiers, et pour qu'ils en vaillent la peine financièrement, serait de 1 millions d'euros. "600.000 euros est une somme relativement trop modeste", dit-il.
 

Jérôme Cahuzac a menti à une banque suisse, selon un quotidien zurichois

Il aurait fourni un «certificat fiscal falsifié» indiquant que les fonds avaient été déclarés au fisc...
Un nouveau rebondissement dans l'affaire Cahuzac. L'ex-ministre du Budget a «menti» à une banque suisse, la banque Julius Baer, en fournissant un «certificat fiscal falsifié», écrit ce samedi le quotidien zurichois Tages Anzeiger, citant ses propres sources.
Le Monde a décrit mercredi dernier l'odyssée des 600.000 euros non déclarés de Jérôme Cahuzac, qui sont restés longtemps en Suisse. En 1992, Philippe Péninque, un ami de longue date de Jérôme Cahuzac a ouvert pour lui, sous son nom, ce compte à l'UBS Genève. Quelques mois plus tard, Jérôme Cahuzac s'est rendu lui-même à Genève et le compte a été transféré à son nom.

Compte omnibus

En l'an 2000, la petite société financière Reyl & Cie, établie à Genève, est entrée en piste. A l'époque elle n'avait pas de licence bancaire, mais travaillait comme une société de Bourse. A ce titre, elle relevait de la surveillance de la FINMA, l'autorité suisse de surveillance des marchés financiers.
En tant qu'intermédiaire financier, Reyl & Cie n'était pas soumise aux mêmes règles que les banques et ne devait pas fournir de renseignement sur les détenteurs de ses comptes. Reyl & Cie a ouvert auprès de l'UBS un compte «omnibus», soit un compte comprenant les fonds de plusieurs clients, seulement connus par la banque, et parmi lesquels figurait Jérôme Cahuzac, dont l'argent est resté de facto à l'UBS.
En 2009, après que la Suisse s'est déclarée prête à accorder l'aide judiciaire en cas d'évasion fiscale, Jérôme Cahuzac a estimé que la situation devenait trop dangereuse à Genève et a demandé à Reyl & Cie de transférer les fonds sur un compte ommnibus à Singapour, auprès de la filiale de la banque Julius Baer .

Cahuzac a assuré que les 600.000 euros provenaient de son activité de chirurgien esthétique

La banque Julius Baer a réagi avec prudence, écrit le journal. Elle a réclamé à Reyl & Cie, bien que rien ne l'y obligeait, un formulaire appelé «formulaire A», qui fait apparaître le nom du détenteur des fonds.
Lorsque les banquiers de Julius Baer ont vu qu'il s'agissait d'un homme politique, ils ont demandé un document certifiant que les fonds avaient bien été déclarés au fisc compétent.
Selon des recherches effectuées par le Tages Anzeiger, Jérôme Cahuzac «a présenté un certificat fiscal falsifié». Il a également assuré que ces 600.000 euros provenaient de son activité de chirurgien esthétique, ajoute le journal. En conséquence, Julius Baer a autorisé l'opération de transfert de fonds.

http://www.20minutes.fr/politique/1132577-20130406-jerome-cahuzac-menti-a-banque-suisse-selon-quotidien

Moscovici "ne savait rien" pour Cahuzac

Interviewié par Europe 1 ce matin, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a déclaré "n'avoir jamais rien su jusqu'aux aveux de Jérome Cahuzac". Interrogé pour savoir si "l'ignorance n'est pas une preuve d'incompétecne", le ministre a répondu "dans ce cas, elle serait largement partagée". "J'ai fait tout ce que j'ai pu, tout ce que j'ai du", a poursuivi le ministre.

"La réponse à l'affaire Cahuzac, ça n'est pas le tous pourris ni le coup de balai", a également déclaré le ministre de l'Economie, en réponse à
Jean-Luc Mélenchon qui appelle à manifester le 5 mai pour demander un "coup de balai".

Pierre Moscovici a également indiqué qu'il pensait que Jérome Cahuzac "pouvait", selon la loi, redevenir député, mais qu'il ne "fallait pas" qu'il le fasse.


http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/04/07/97002-20130407FILWWW00035-moscovici-ne-savait-rien-pour-cahuzac.php

vendredi 5 avril 2013

Cahuzac: Marini (UMP) écrit à Moscovici

Le président UMP de la commission des Finances du Sénat, Philippe Marini, qui a pu consulter les documents sur l'affaire Cahuzac, va demander par lettre aujourd'hui au ministre de l'Economie Pierre Moscovici des informations "complémentaires", a-t-il indiqué.

"Premièrement, pourquoi n'y a-t-il pas eu de démarches auprès de Singapour puisque l'éventualité d'un compte à Singapour apparaissait clairement dans la presse, est-ce que le ministre a sollicité des informations à ce sujet ?", a précisé le sénateur UMP. "Deuxièmement, a-t-il poursuivi, au sujet de la demande d'information auprès de la Suisse, n'aurait-il pas été possible, selon la convention franco-suisse, d'étendre les recherches au-delà de la seule banque UBS ?" "Troisièmement, j'interrogerai le ministre sur le fait que l'interprétation de la réponse de l'administration suisse des contributions est ambiguë", a encore souligné M. Marini.

"J'ai analysé les documents transmis avec mon équipe et à ce stade ils ne permettent pas de se faire une opinion définitive et c'est pourquoi je demande des précisions complémentaires" a-t-il fait valoir. Les deux présidents des commissions des Finances (Assemblée et Sénat) ainsi que les deux rapporteurs du budget, sont habilités, de droit, à consulter le dossier fiscal de Jérôme Cahuzac et la réponse de la banque UBS sur l'existence d'un supposé compte bancaire appartenant à l'ancien ministre du Budget.
» L'UMP prend Moscovici pour cible

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/05/97001-20130405FILWWW00350-cahuzac-marini-ump-ecrit-a-moscovici.php

jeudi 4 avril 2013

Moscovici a-t-il protégé Cahuzac ? Une accusation "indigne" se défend-t-il

Accusé d'avoir voulu blanchir Jérôme Cahuzac en utilisant une procédure administrative rare en janvier, Pierre Moscovici se défend à nouveau jeudi en dénonçant des accusations "assez indignes", jugeant au contraire avoir agi "de façon exemplaire".
Nouvelle cible des attaques de l'opposition depuis les aveux mardi de Jérôme Cahuzac, Pierre Moscovici ne cesse de se défendre. "J'ai été mis en cause d'une façon que je considère assez indigne, avec des arrière-pensées évidentes", a déclaré le ministre de l'Economie jeudi à Strasbourg. "A chaque étape j'ai agi de façon exemplaire", a-t-il au contraire fait valoir, ajoutant : "Il faut arrêter les polémiques sur ce terrain-là, l'action de mon ministère a été transparente objective, diligente, sérieuse, et c'est ça la vérité que les Français doivent connaître."
Dans un communiqué publié mercredi, Pierre Moscovici avait déjà rejeté "fermement toutes allégations de dissimulation et de complaisance dans la gestion de ce dossier, qui a au contraire fait l'objet d'un traitement scrupuleux et rigoureux par l'administration fiscale, avec la volonté d'établir la vérité". Ce que la droite lui reproche notamment : avoir envoyé le 24 janvier dernier une demande d'assistance administrative à Genève dont les conclusions, censées prouver que Jérôme Cahuzac n'avait pas de compte, ont été remises à la justice française pour tenter de le blanchir au plus vite.
Moscovici a "instrumentalisé l'administration fiscale"
Ses accusations, Rachida Dati s'en ai fait la porte-parole jeudi matin sur France Info. Rappelant que Pierre Moscovici "a utilisé une procédure assez rare dans ce type d'affaires", l'ancienne ministre a estimé que Pierre Moscovici "a demandé des renseignements à la Suisse en orientant la question" et a ensuite "transmis la réponse en espérant que l'enquête soit classée". Pour Rachida Dati, le ministre de l'Economie ne peut se défendre sans répondre clairement à la question suivante : "A-t-il utilisé cette procédure d'entraide administrative pour essayer de blanchir et de protéger Jérôme Cahuzac ?"
Le fondateur du site Mediapart, Edwy Plenel, a s'est lui aussi montré tres critique jeudi matin sur i-Télé à l'égard de Pierre Moscovici, l'accusant d'avoir "manqué à ses fonctions en instrumentalisant l'administration fiscale pour protéger Jérôme Cahuzac".
 

Cahuzac: l'Elysée aurait su dès décembre

François Hollande a-t-il été informé dès le mois de décembre que les révélations du site d'informations Mediapart sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac étaient crédibles ? Selon l'hebdomadaire Le Point, paru aujourd'hui, plusieurs ministres avaient alerté le chef de l'Etat sur la mauvaise tournure que risquait de prendre l'affaire qui a provoqué la démission de l'ancien ministre du Budget, sur fond de divorce houleux.

En outre, dès la fin décembre, l'Elysée a été destinataire d'une "note blanche" confirmant les accusations de Mediapart sur l'existence d'un compte en Suisse, écrit-il, sans préciser si elle émanait des services de renseignement ou des services fiscaux. Interrogé sur l'article du Point, l'entourage du chef de l'Etat a démenti : "C'est totalement faux, on dément formellement." Mais selon M6info, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été sollicitée dès le 4 décembre par le ministère de l'Intérieur pour savoir quel crédit donner à l'enquête dévoilée le même jour par Mediapart. Elle aurait conclu en seulement deux jours que l'enregistrement sonore diffusé par le site et sur lequel le ministre fait état d'un compte domicilié à l'UBS, qui a été authentifié depuis, n'était pas un montage et que la voix était "très probablement" celle de Jérôme Cahuzac.
Michel Gonelle, l'ancien rival politique de Jérôme Cahuzac dans le Lot-et-Garonne et auteur de l'enregistrement a rappelé pour sa part avoir alerté un conseiller de l'Elysée dès le 15 décembre pour lui dire que l'enregistrement était authentique.
"Je suis fondé à penser que le président de la République connaissait précisément l'origine de cette affaire dès le 15 décembre", a-t-il dit mercredi sur i>Télé. Dans un communiqué, l'Elysée l'avait alors invité à s'adresser à la justice. L'enquête préliminaire sur cet enregistrement n'a été officiellement ouverte que le 8 janvier par le parquet de Paris.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/04/97001-20130404FILWWW00486-cahuzac-l-elysee-aurait-su-des-decembre.php

mercredi 3 avril 2013

Cahuzac: l'administration "flouée"

Les agents des finances publiques "se sentent floués" et "consternés" après les aveux de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, écrivent aujourd'hui les syndicats Unsa et Solidaires, notant que cette affaire risque d'affecter leur travail au quotidien.

Dans un communiqué, Solidaires Finances publiques, premier syndicat de la Direction générale des finances (DGFiP) indique que les agents de cette administration "se sentent floués" et relève que l'affaire Cahuzac pourrait avoir des conséquences "potentiellement inquiétantes" pour eux.

"Chaque affaire politico-médiatique donne ainsi parfois lieu à des prises à partie d'agents en relation avec les usagers et les contribuables", signale le syndicat.

"Le fait qu'un ancien ministre du Budget (....) soit dans une telle situation alors qu'il est avéré que les moyens d'assurer correctement les missions fiscales et financières sont insuffisants (...) constitue un facteur aggravant", écrit le syndicat, rappelant notamment que 25.000 postes ont été supprimés en 10 ans.
Solidaires relève également que cette affaire, qui survient en temps de crise et "alors que la campagne de dépôt de déclaration des revenus s'annonce particulièrement délicate", pourrait aller jusqu'à affecter la confiance des Français dans "le consentement à l'impôt, pilier de la démocratie".

De son côté, l'Unsa Finances évoque "un ministère à l'image écornée, des personnels consternés" et souligne également que l'affaire "ne manquera pas d'avoir des conséquences sur le travail de milliers d'agents des services fiscaux et de la douane".

"Il sera délicat pendant quelque temps d'exercer certains contrôles, en particulier ceux ayant trait à l'évasion fiscale et au blanchiment d'argent", écrit le syndicat, sachant que "le ministère chargé de lutter contre ce fléau (...) se voit suspecté au plus haut niveau".

Environ 120.000 agents relèvent de la DGFiP, née de la fusion des Impôts et du Trésor public en 2008

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/03/97001-20130403FILWWW00598-cahuzac-les-agents-des-finances-floues.php

Un proche de Marine Le Pen a ouvert le compte suisse de Cahuzac

Selon le quotidien Le Monde, c'est un proche de Marine Le Pen, Philippe Péninque, qui a aidé Jérôme Cahuzac à ouvrir son compte chez UBS en 1992. Marine Le Pen affirme qu'elle a été mise au courant mardi.
Marine Le Pen est-elle au courant de l'existence du compte suisse de Jérôme Cahuzac ? Oui, et au moins depuis hier. Car l'homme qui a aidé l'ancien ministre du Budget à ouvrir ce compte en 1992 n'est autre que Philippe Péninque, un proche de la présidente de FN, selon des révélations du Monde.
Contacté par le quotidien du soir, cet ex-avocat spécialisé dans les montages fiscaux reconnaît : "Jérôme Cahuzac avait besoin d'un compte, je l'ai aidé à l'ouvrir", écrit Le Monde. Avant d'ajouter : "Ce qui est illégal c'est de ne pas déclarer un compte, pas d'aider à l'ouvrir." Il poursuit : "J'ai dit (à Marine Le Pen) que j'étais ami avec Cahuzac et peut-être que dans le cadre de mon activité professionnelle, j'avais ouvert ce compte".
"Un acte anodin" pour Marine Le Pen
En marge d'un déplacement dans les Ardennes ce mercredi, Marine Le Pen a immédiatement réagi aux révélations du Monde. "Il y a 25 ans, à l'époque où j'étais en licence de droit, quelqu'un qui est devenu mon ami a eu comme client M. Cahuzac et lui a ouvert un compte à l'étranger. Quelle est ma responsabilité?", a demandé la patronne du parti d'extrême droite.
"Philippe Péninque était avocat et ouvrir un compte dans une banque étrangère ce n'est pas un délit. Le délit c'est de ne pas déclarer les fonds, l'avocat n'en est pas responsable. Que cet avocat soit par ailleurs l'un de mes amis c'est parfaitement banal", a-t-elle insisté. Avant d'ajouter que c'était un acte "complètement anodin" et que M.Péninque l'en avait informé "hier".
Un peu plus tôt dans la journée, Marine Le Pen avait lancé : "Nous allons apprendre que le président et le Premier ministre étaient en réalité au courant depuis plusieurs semaines de la véracité de ce qui était reproché à M. Cahuzac". Mais François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne semblent pas les seuls à devoir justifier leur silence.
 

Affaire Cahuzac : l'ancien ministre "exclu de fait du PS", selon Harlem Désir

Le ministre de l'Economie a récusé mercredi la moindre "complaisance" de la part de Bercy ou du gouvernement dans l'affaire Cahuzac. De son côté, Najat Vallaud-Belkacem a assuré que ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault n'étaient au courant.

Après son poste de ministre, Jérôme Cahuzac perd sa place au Parti socialiste. Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, a assuré mercredi que l'ancien ministre, qui a avoué détenir un compte bancaire non déclaré à l'étranger après des mois de dénégations, s'était "exclu de fait du Parti socialiste". " Il n'en sera désormais plus membre", déclare le numéro un PS dans un communiqué où il demande à l'élu du Lot-et-Garonne de renoncer "à ses mandats électifs".

Après ce séisme politique, le gouvernement monte en première ligne pour défendre la tête de l'exécutif. A commencer par Pierre Mosovici, ministre de l'Economie, selon qui, l'exécutif français n'a "eu aucune complaisance", "aucune volonté d'entraver la justice" dans l'affaire Jérôme Cahuzac, qui a avoué mardi avoir menti durant trois mois sur l'existence d'un compte bancaire à l'étranger.

Le site d'informations Mediapart, à l'origine des révélations sur le compte de l'ex-ministre du Budget, affirme que le ministre de l'Economie et des Finances a "lui même manqué à ses fonctions en instrumentalisant l'administration fiscale". Réponse du ministre incriminé : "Le président de la République, le Premier ministre, moi-même, nous avons fait ce qu'il convenait de faire", a affirmé Pierre Moscovici sur RTL. "J'ai joué mon rôle, tout mon rôle, rien que mon rôle avec les outils qui étaient les miens. Aller au-delà eût été mener une enquête parallèle, on nous l'aurait reproché", a ajouté Pierre Moscovici.

"Candeur" ou mensonge ?
Pour autant, les interrogations sur vont bon train sur le fait de savoir si l'exécutif était au fait de l'existence d'un compte secret détenu par l'ancien ministre du Budget. Non, assure
Najat Vallaud-Belkacem. La porte-parole du gouvernement a assuré mercredi que ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault n'étaient au courant, "bien entendu", du compte détenu par leur ministre Jérôme Cahuzac à l'étranger. Interrogée sur Europe 1, la ministre a déclaré que ni le président ni le Premier ministre, "n'ont à être comptables du mensonge dans lequel s'est isolé un homme". "C'est bien de cela qu'il s'agit, au fond : c'est un homme qui a menti, c'est pas une institution, c'est pas un parti, c'est pas un gouvernement", a-t-elle argumenté. "Il faut savoir mesure garder".

Elle a assuré par ailleurs que chacun avait interrogé personnellement l'ancien ministre du budget qui répondait n'être "au courant de rien". "Moi-même, personnellement, je peux vous dire"..."J'entends qu'on parle de naïveté", mais "nous avions d'un côté les allégations de Médiapart et les dénégations" de Jérôme Cahuzac. Comment alors le site pouvait-il être mieux informé que les plus hautes autorités de l'Etat ? "Parce que Médiapart s'est mis en chasse, d'une certaine façon".

Malgré l'assurance de la porte-parole du gouvernement, l'opposition a trouvé son angle d'attaque pour mouiller la tête de l'exécutif. Car qu'il ait été au courant ou pas de l'affaire, il y a de toutes façons une faute de sa part, estime Jean-François Copé sur Europe 1 : soit le président "ne savait rien et c'est quand même extrêmement grave parce que celui signifie que lui-même fait preuve d'une certaine candeur, soit il savait et ça veut dire qu'il a menti aux Français", a asséné le président de l'UMP.
 

Aveux de Cahuzac : la presse dénonce une trahison

Au lendemain des aveux de Jérôme Cahuzac, qui a reconnu détenir un compte à l'étranger depuis une vingtaine d'années, la presse française dans son ensemble dénonce le mensonge et s'interroge sur les conséquences de ce qui apparaît déjà comme un séisme politique.

Il ne se trouve aucun éditorialiste, ce mercredi matin, pour trouver des circonstances atténuantes à Jérôme Cahuzac au lendemain de ses aveux - alors que depuis des mois, il réfutait en bloc toutes les accusations de Mediapart. "C'est une ignominie. Avec ses dissimulations, ses mensonges, Jérôme Cahuzac a fait bien plus que salir son honneur" écrit Eric Decouty dans Libération, pour qui "l'existence de son compte en Suisse est la première des fautes" de l'ancien ministre du Budget, qui a jeté "l'opprobre sur son action, discrédité la parole politique et soulevé des doutes quant à l'autorité du chef de l'Etat". La dénonciation est unanime, aussi bien dans les quotidiens d'inspiration de droite que dans les journaux d'inspiration de gauche. Pour Paul-Henri du Limbert du Figaro, "à l'heure où la France s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise, rien n'est plus grave que l'atmosphère de suspicion généralisée que provoquera inévitablement l'affaire Cahuzac". Et dans L'Humanité, Patrick Apel-Muller clame que "le scandale politique est énorme" car "l'homme qui tenait entre ses mains le budget de la France, qui pilotait l'administration fiscale et traquait les fraudeurs était lui-même un malfaiteur, auteur depuis plus de vingt ans d'évasions de capitaux et de dissimulation de ressources".

Une attitude qui se retrouve dans les titres et les éditoriaux de la presse quotidienne régionale. "Dans la stratégie du mensonge éhonté devant micros et caméras, on ne voit guère que Lance Armstrong pour rivaliser avec Jérôme Cahuzac !", ironise Hervé Favre dans La Voix du Nord. "Depuis des mois (...) l'ancien ministre du Budget a multiplié les mensonges avec une constance qui n'avait d'égale que sa morgue à l'encontre de ses accusateurs", affirme Dominique Garraud dans La Charente Libre, ajoutant que cette affaire est "symptomatique de dérives individuelles nourries par un sentiment insupportable d'impunité".

Cahuzac s'est "fourvoyé dans la spirale du mensonge"

Un sentiment partagé par Jacques Camus (La Montagne Centre France) soulignant que "comme d'autres avant lui", Jérôme Cahuzac s'est "fourvoyé dans la spirale du mensonge en espérant une trompeuse impunité". Pour Michel Urvoy de Ouest-France, Jérôme Cahuzac "abîme la Politique avec un grand 'P' ". Dans le Midi Libre, Jean-Michel Servant ose un rapprochement avec l'affaire DSK, jugeant qu'au final, cela concerne "deux mensonges, deux hommes rattrapés par la justice, deux gâchis énormes et une classe politique sonnée, humiliée, trahie".

Plusieurs éditorialistes estiment que ces aveux pourraient avoir des répercussions jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat. "Ce rebondissement n'est pas moins dévastateur pour le président de la République qui a accordé sa confiance à un homme brillant, mais fragile", selon Raymond Couraud de l'Alsace, et qui va devoir "subir les conséquences de cette affaire sur son image de marque déjà érodée". Ce "mensonge éhonté" selon Christophe Bonnefoy du Journal de la Haute-Marne, "s'il brise tout net le destin d'un homme, est également une épine supplémentaire dans le pied de François Hollande". Et Bruno Dive dans Sud-Ouest de reconnaître qu'aujourd'hui "les deux têtes de l'exécutif se trouvent bafouées". Pour cet éditorialiste "au plus bas dans les sondages, en proie à une crise économique qu'ils ne savent pas comment affronter, menacés d'une crise sociale, Hollande et Ayrault n'avaient vraiment pas besoin de cette crise morale et politique". Se démarquant par un commentaire plus indulgent, Hervé Chabaud dans L'Union-L'Ardennais estime enfin que la confession de l'ex-ministre n'est pas "simplement celle du pauvre pécheur" mais qu'elle permet "à l'homme de se regarder à nouveau et en conscience devant sa glace" et qu'il a gagné "dans cette épreuve" son "combat intérieur".
 

mardi 2 avril 2013

Affaire Cahuzac : la gauche sous le choc, la droite cible Hollande

REACTIONS - L'ancien ministre et député a été mis en examen, mardi, pour blanchiment de fraude fiscal après avoir reconnu avoir détenu un compte à l'étranger. Des aveux qui, à droite comme à gauche, ont secoué la classe politique.
L'ancien ministre et député a été mis en examen, mardi, pour blanchiment de fraude fiscal après avoir reconnu avoir détenu un compte à l'étranger. Des aveux qui, à droite comme à gauche, ont secoué la classe politique.
François Hollande a pris "acte avec grande sévérité des aveux de Jérôme Cahuzac" qui "a commis une impardonnable faute morale" en "niant les faits", a déclaré l'Elysée mardi dans un communiqué. "Le président de la République prend acte avec grande sévérité des aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges d'instruction concernant la détention d'un compte bancaire à l'étranger", a affirmé la présidence. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault exprime "tristesse et consternation" après les aveux de Cahuzac. Il sera l'invité du 20h de TF1 ce mardi.
Jean-François Copé, président de l'UMP, a estimé mardi, dans un communiqué, que le mensonge de Jérôme Cahuzac "signait définitivement la fin de la gauche morale" et que le président Hollande devait "s'en expliquer devant les Français".
La députée UMP de l'Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet a appelé mardi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à "s'expliquer devant l'Assemblée nationale" sur le contenu de ses échanges avec Jérôme Cahuzac, qui a reconnu mardi avoir détenu un compte à l'étranger. "Je ne veux pas accabler un homme déjà à terre", a d'abord déclaré la députée, avant d'évoquer "des questions qui se posent", alors que des responsables de l'UMP ont suggéré que les deux têtes de l'exécutif auraient pu être au courant du mensonge de l'ancien ministre du Budget.
Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a déclaré mardi, avoir "du mal à imaginer que Hollande et Ayrault n'aient pas été au courant de la situation".L'attitude de Jérôme Cahuzac a été "inqualifiable", selon l'expression employée par l'ancien ministre lui-même, car "il a menti sciemment et de manière éhontée devant la représentation nationale", a déclaré M. Jacob dans les couloirs de l'Assemblée.
Harlem Désir, numéro un du PS, a été "stupéfait et "choqué" par les faits "inacceptables" et "le mensonge" commis par l'ex-ministre du budget, Jérôme Cahuzac, a déclaré mardi le porte-parole du parti, David Assouline.
Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif : "Les bras m'en tombent, je n'ai pas de mots" en réaction à la mise en examen de Jérôme Cahuzac. "Je ne pensais pas qu'on en était là".
Pascal Durand, secrétaire national d'EELV : "Le mensonge de M. Cahuzac est bien plus grave qu'un petit mensonge (...) c'est un mensonge d'Etat qui décrédibilise la parole collective des politiques et la représentation de l'Etat. Il est comptable du recul de la capacité des politiques à être entendus lorsqu'ils portent une parole forte. C'est un drame pour la démocratie"
Le coprésident du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon a réagi mardi aux aveux de l'ancien ministre du Bugdet Jérôme Cahuzac en s'interrogeant sur Twitter: "Où s'arrête la chaîne du mensonge? Qui savait et n'a rien dit?"
Le président du MoDem François Bayrou : "Le scandale Cahuzac vient d'exploser en plein vol et, une fois de plus, les dégâts sont considérables et dévastateurs pour le monde politique français", a déclaré à l'AFP le leader centriste.
Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, dans un communiqué : "Après des semaines d'un feuilleton où Jérôme Cahuzac a multiplié les mensonges, c'est une véritable bombe politique qui vient d'éclater(...° Il faut saluer le travail de la presse et de la Justice qui ont mis un terme à ce scandale d'Etat", a-t-il ajouté.
 

La lettre de Jérôme Cahuzac

Voici la lettre qu'il publie sur son blog :

Par lettre du 26 mars 2013, j'ai demandé à Messieurs les juges d'instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s'imposent au regard de la détention à l'étranger d'un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d'années.

"J'ai rencontré les deux juges aujourd'hui. Je leur ai confirmé l'existence de ce compte et je les ai informés de ce que j'avais d'ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l'intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n'a pas été abondé depuis une douzaine d'années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris.

"A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j'exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j'ai tant déçus.

J'ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j'ai manqué et le souci de remplir les missions qui m'ont été confiées et notamment la dernière que je n'ai pu mener à bien. J'ai été pris dans une spirale du mensonge et m'y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords.

Penser que je pourrais éviter d'affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J'affronterai désormais cette réalité en toute transparence."
 

Compte à l'étranger : Cahuzac avoue, il est mis en examen

"Dévasté par le remords", l'ancien ministre du Budget reconnaît dans un communiqué avoir eu un compte à l'étranger. Il est mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale.
Jérôme Cahuzac avoue. Il reconnaît dans un communiqué avoir eu un compte à l'étranger depuis une vingtaine d'années. "Dévasté par le remords", il demande pardon pour "une faute inqualifiable".
Jérôme Cahuzac avait été entendu mardi par les juges du pôle financier. Le parquet de Paris l'avait confirmé à MYTF1News en milieu d'après-midi. Selon BFMTV, il était arrivé dans l'après-midi au pôle financier du Tribunal de Grande Instance de Paris pour une rencontre qui est terminée. Une Berline aux vitres teintées entourée de policiers a quitté le pôle financier vers 16h30, sans que l'on puisse voir si l'ancien ministre était à son bord.
Voici la lettre qu'il publie sur son blog :
Par lettre du 26 mars 2013, j'ai demandé à Messieurs les juges d'instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s'imposent au regard de la détention à l'étranger d'un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d'années.

"J'ai rencontré les deux juges aujourd'hui. Je leur ai confirmé l'existence de ce compte et je les ai informés de ce que j'avais d'ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l'intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n'a pas été abondé depuis une douzaine d'années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris.

"A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j'exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j'ai tant déçus.

J'ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j'ai manqué et le souci de remplir les missions qui m'ont été confiées et notamment la dernière que je n'ai pu mener à bien. J'ai été pris dans une spirale du mensonge et m'y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords.

Penser que je pourrais éviter d'affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J'affronterai désormais cette réalité en toute transparence."
Informations du Canard
Selon le Canard enchaîné, l'avocat de Jérôme Cahuzac, Jean Veil, a rencontré Renaud Van Ruymbeke le 27 mars pour lui faire part de la décision de son client de "passer aux aveux".
Selon l'hebdomadaire, Jérôme Cahuzac détenait deux comptes en Suisse plus un compte à Singapour. Il s'apprêterait à reconnaître devant les juges qu'il est toujours titulaire dans une banque à Singapour d'un compte affichant un solde de plus de 500.000 euros ouvert dans une succursale de l'établissement suisse Reyl et Cie, après avoir fermé un premier compte à la banque UBS en Suisse à la fin des années 2000, affirme encore le Canard Enchaîné. Contacté par MYTF1News, Me Veil ne souhaite pas faire de commentaires "avant d'avoir vu l'article en question".
Information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale
Jérôme Cahuzac est soupçonné d'avoir détenu un compte en Suisse à la banque UBS, ce qu'il a toujours catégoriquement nié. Un témoin auditionné pendant l'enquête préliminaire de police a également indiqué que les sommes versées sur ce supposé compte proviendraient de laboratoires pharmaceutiques, a rapporté le parquet de Paris.

Une information judiciaire contre X visant l'ancien ministre du Budget a été ouverte pour blanchiment de fraude fiscale, mais aussi perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit. Jérôme Cahuzac avait nié en conseil des ministres et devant l'Assemblée avoir jamais détenu un compte à l'étranger.
"Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de comptes à l'étranger"
Jérôme Cahuzac avait nié en conseil des ministres et devant l'Assemblée avoir jamais détenu un compte à l'étranger, malgré un enregistrement audio versé au dossier et authentifié dans lequel il disait avoir un compte à l'UBS. "Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de comptes à l'étranger ni maintenant, ni avant", avait-il déclaré le 5 décembre devant l'Assemblée nationale avant de déposer une plainte pour diffamation contre le site d'informations Mediapart, qui avait révélé l'existence présumée d'un compte en Suisse.
L'information a fait l'effet d'une bombe à l'Assemblée nationale, même si les députés socialistes attendaient mardi d'en savoir plus avant de réagir. "Si les choses sont avérées et s'il a dit des choses contraires à ce qu'il a dit à l'Assemblée nationale, nous serons obligés d'en tirer les conséquences. Les conséquences c'est qu'on ne ment pas devant la représentation nationale", a déclaré le député UMP Marc-Philippe Daubresse. Nicolas Dupont-Aignan, député divers droite, a estimé que si les "aveux" de Jérôme Cahuzac étaient confirmés, "ce serait pire qu'un tremblement de terre".