Le terme de «viol» dans un rapport médical est-il recevable ? Avant l'audience du 23 août, les conseillers de l'accusé et de la plaignante se livrent à une foire d'empoigne en public.
Comme le souligne Kenneth Thompson dans L'Express, avant que l'on ne parle plus que de la crédibilité de la plaignante, les expertises médico-légales semblaient peser lourd contre DSK. Les révélations dans la presse américaine sur la présence de sperme sur les vêtements de la femme de chambre avaient fortement irrité la défense, qui défend la thèse du consentement de la jeune Guinéenne. Pour l'avocat pénaliste Bradley Simon, il est logique que les deux parties «sélectionnent» aujourd'hui les éléments du rapport qui «accréditent leur version sans se sentir obligés de tout publier», afin de garder leurs options ouvertes.
Qu'apprend-on de nouveau sur cette expertise et sur quels éléments porte le différend ? Selon L'Express, qui se l'est procurée, elle reprend plusieurs informations livrées en juillet par l'avocat de la plaignante, Kenneth Thompson. L'experte médicale qui a ausculté Nafi Diallo le 14 mai relève des «rougeurs» à l'extérieur de la zone vaginale, à l'endroit où elle dit avoir été brutalement saisie par la main de Dominique Strauss-Kahn. Elle mentionne aussi une «douleur à l'épaule» dont se plaint la patiente. Elle décrit encore celle-ci comme étant affectée de «confusion, douleurs musculaires, tension». Surtout, elle conclut sur un laconique : «Diagnostic : agression. Cause des blessures : agression. Viol.»
Deux nouveaux témoignages
«Balivernes», assurent en substance Ben Brafman et Bill Taylor, qui avaient déjà rejeté les descriptions similaires, assorties de détails très crus, livrées à la presse en juillet par Thompson. L'avocat de Tristane Banon David Koubbi avait, lui aussi, lu ce rapport et conclu qu'il n'était «pas vide». Les défenseurs de DSK, qui dénoncent depuis le début les méthodes inhabituelles (mais légales) de Kenneth Thompson, l'accusent d'utilisation «trompeuse et malhonnête» d'éléments du dossier. Ils envisagent même d'y donner des «suites».Pour eux, les expertises «confirment qu'elle n'a présenté aucune blessure provoquée par une relation forcée». Ils proposent leur propre explication : les rougeurs pourraient provenir de relations sexuelles les jours précédant le 14 mai. Ce n'est pas absurde, décrypte l'ancien procureur B. J. Bernstein, qui n'a pas lu le dossier. «Il est fait état de rougeurs, ce n'est pas la même chose qu'une déchirure par exemple. Il est plus difficile de conclure à un rapport forcé.» Mais, rétorque l'avocat Bradley Simon, «il peut très bien y avoir eu rapport forcé sans marques ni blessures». Cela annonce, selon lui, une guerre sémantique entre experts s'il y a procès.
Conclusions contestées
Reprenant leur argument favori sur le manque de «crédibilité» de la plaignante, Ben Brafman et Bill Taylor critiquent la conclusion du rapport «basée presque exclusivement sur ses propos». «Inexact», note l'ancien procureur Bennett Gershman, qui n'a pas eu accès non plus à l'expertise. «Le rapport médico-légal a deux objectifs : faire un bilan médical de la plaignante, et chercher les éléments physiques qui corroborent ses propos. Il est aussi basé sur des observations médicales.»Reste une énigme qui intrigue tous les experts contactés par Le Figaro, la conclusion du rapport. «Le mot viol est un terme légal, un expert ne rédigerait jamais une conclusion en ces termes», affirme l'experte médico-légale Anne Galloway. «Ainsi formulée, cette conclusion m'étonne, elle serait irrecevable par le juge, c'est une interprétation», renchérit Bennett Gerhsman, qui ajoute que dans le droit new-yorkais une pénétration du doigt n'est pas considérée comme un viol.
Mais Kenneth Thompson n'a pas dit son dernier mot. Dans L'Express, il affirme avoir recueilli le témoignage de deux autres femmes, l'une «agressée par DSK dans un hôtel», et une autre «venant d'Afrique». Sans plus de détails pour l'instant.
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